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Pétra (Jordanie)

Fig. 1 : Le triclinium d’Obodas, fouille de 2013 (N. Paridaens) Fig. 2 : Les bains du Jabal Khubthah, état après la campagne de 2015 (Th. Fournet et N. Paridaens) Fig. 3 : Plan du sanctuaire du Wadi Sabra, relevé octobre 2014 (N. Bloch, S. Delcros, Th. Fournet, G. Dumont, N. Paridaens, L. Tholbecq) La mission archéologique de l’ULB à Pétra s’emploie à étudier les espaces religieux de la capitale nabatéenne. En raison de l’inscription de la ville dans un environnement montagneux, les sanctuaires présentent une distribution significative dans un espace urbain élargi à diverses périphéries et partant une hiérarchisation marquée entre espaces publics et espaces privés. Ils comprennent ainsi, à côté des sanctuaires urbains, monuments emblématiques de la ville comme le Qasr al-Bint, temple construit à la fin du premier s. av. n.è. ou le temple anonyme dit aux lions ailés, quantité de petits sanctuaires périphériques de nature diverse (présentoirs à bétyles, oratoires, lieux de réunion d’associations), qu’il s’agit de caractériser. Les sanctuaires de Pétra ont fait l’objet d’une première étude globale menée par G. Dalman et publiée en 1908, avec des compléments en 1912. Outre une mise en perspective spatiale qui permet de relier les sanctuaires disséminés aux diverses tribus qui composaient la société pétréenne, cette exploration renouvelée des sanctuaires périphériques est justifiée par l’obsolescence des croquis de G. Dalman, auxquels il est encore systématiquement fait appel aujourd’hui par l’ensemble de la communauté scientifique, en dépit de leur notoire médiocrité. Un premier projet, financé par la Mission archéologique française de Pétra, a porté sur un sanctuaire tribal de la périphérie (« Chapelle d’Obodas »), fouillé en 2001 par L. Nehmé puis sous la direction de Laurent Tholbecq jusqu’en 2013 (Fig. 1). Ces travaux ont abouti à la découverte d’un espace religieux et de réunion tribal qui a connu des développements structurels importants (trois phases majeures nabatéennes reconnues, dès le milieu du 2e s. av. n.è.), avant l’annexion du royaume nabatéen par Rome et la création de la Provincia Arabia en 106 de notre ère. Cette recherche a justifié l’exploration en 2010 du sommet du Jabal Numayr, un sanctuaire de « haut lieu » topographiquement lié à la « Chapelle d’Obodas ». Cette ouverture à la problématique des sanctuaires de haut lieu a amené la mission de l’ULB à débuter, en octobre 2012, en collaboration avec la mission archéologique française de Pétra, une exploration systématique du sommet du Jabal Khubthah. Celle-ci est à l’origine de découvertes inattendues : un môtab, présentoir à bétyle construit et inédit, une plateforme (temple ?) liée à un stibadium rupestre et surtout un spectaculaire et bien inattendu complexe thermal de hauteur (Fig. 2). En octobre 2014, cette exploration s’est prolongée par l’étude d’un sanctuaire extra urbain, situé à la lisière méridionale de la ville (au Wadi Sabra) et dont l’existence pourrait se justifier – hypothèse de travail – par la perception de taxes caravanières municipales (Fig. 3). Ces études (relevés et fouilles) permettent donc de déployer un nouveau modèle analytique des sanctuaires de la capitale nabatéenne et, partant, de proposer une lecture spatiale renouvelée de l’ensemble des espaces religieux de Pétra.

Bibliographie : https://ulb.academia.edu/LaurentTholbecq



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Laurent Tholbecq

 

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