Archéologie préventive : des compétences au service de la société

La multiplication des travaux d’aménagement du territoire que connaissent nos régions depuis plusieurs décennies (réhabilitation de bâtiments publics ou privés, creusement de parkings souterrains, création de parcs d’industrie ou d’infrastructures routières, carrières etc.) entraîne la destruction des vestiges enfouis dans le sous-sol et du bâti ancien.

Depuis le milieu des années 1990, les pouvoirs publics régionaux se sont dotés de moyens, notamment législatifs, destinés à prévenir la disparition de ce patrimoine archéologique, sans entraver le développement nécessaire de la société. Une surveillance des demandes de permis d’urbanisme permet aux archéologues des services publics d’identifier les projets de travaux et de prescrire des interventions archéologiques préalables. En concertation avec l’aménageur, un diagnostic pourra être réalisé — généralement sous la forme de sondages limités — dans le but de vérifier l’existence de vestiges archéologiques, d’en évaluer la nature et l’étendue. Si ce diagnostic révèle un intérêt archéologique du site ou du bâtiment, une fouille sera menée afin d’enregistrer ces informations et de les rendre disponible à la recherche comme au public le plus large. Cette « archéologie préventive » vise donc à sauvegarder, grâce à l’étude, les archives du sol avant leur destruction irrémédiable.

Répondant à la mission de services à la société de l’université, le CReA-Patrimoine met ses compétences et son expertise académique à la disposition des autorités publiques en charge du patrimoine, par le biais des marchés publics de services et de conventions de recherche. Il peut également répondre aux demandes des aménageurs et bureaux d’architecte désireux de réaliser une étude préalable à la soumission de projets, en vue d’évaluer et d’intégrer anticipativement l’impact de leur réalisation sur le patrimoine.

 

Intervention d'archéologie préventive sur un bâtiment ancien situé rue de Flandre à Bruxelles, 2011.

Fouille sur le site du château Carloo, préalable à l'aménagement du bassin d'orage, place St-Job, 2012.En région wallonne, le CReA-Patrimoine a participé depuis 2002 à de nombreuses interventions préventives à la demande du Service de l’archéologie de la province du Hainaut. Surveillance, évaluations et fouilles ont ainsi été menées dans le cadre d’un contournement routier à Leuze-en-Hainaut, d’une extension de carrière à Antoing, de l’implantation de lotissements à Dour, Ath, Ath/Meslin-l’Évêque et Binche/Waudrez, d’aménagement d’une zone d’activité économique à Enghien/Marcq et d’un centre commercial à Mouscron/Estaimpuis, parmi d’autres. Les archéologues ont également participé à plusieurs projets de restauration de monuments, à Mouscron, Chimay et Soignies (en savoir plus).


Par Arrêté du Gouvernement du 28 mai 2009, le CReA-Patrimoine est agréé comme auteur de recherches archéologiques en Région de Bruxelles-Capitale, et ainsi habilité à intervenir sur le territoire régional. Plusieurs chantiers préventifs ont été menés depuis cette date :
Boitsfort-Étangs : fouille préalable aux travaux d’aménagement du RER reliant Namur à Bruxelles sur le site de la fortification néolithique.
Uccle-Neckersgat : fouille en prévision d’une extension de l’Athénée flamand d’Uccle (av. du Neckersgat, 17).
Bruxelles-rue de Flandre : étude archéologique du bâti d'une habitation (XIVe – XXIe siècle), 180 rue de Flandre.
Bruxelles-Tour Anneessens : fouille Bd de l'Empereur sur la parcelle occupée par la tour d'angle classée de la première enceinte de Bruxelles, dite "Tour Anneessens".
Uccle-Place St-Job : fouille sur le site du château de Carloo, préalable à l'agrandissement du bassin d'orage (en cours).

L’ensemble de ces opérations fait l’objet de rapports détaillés, remis aux autorités régionales.



En Wallonie, les dispositions légales relative à l’archéologie préventive sont rassemblées dans le Code wallon de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et du patrimoine (CWATUP).
En Région de Bruxelles-Capitale, les textes légaux sont réunis dans le Code bruxellois de l’Aménagement du Territoire (CoBAT). Les dispositions relatives à l’agrément comme auteur de recherches archéologiques sont définies par l'Arrêté du Gouvernement de la RBC du 3 juillet 2008 (Moniteur belge du 16 septembre 2008).

Pour en savoir plus :

Contacts

Laurent Bavay
Nicolas Paridaens

 

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