Retour à l'archéologie préventive

Saint-Job

Dans le cadre des marchés publics ouverts par le Ministère de la Région de Bruxelles‑Capitale, le CReA‑Patrimoine de l’Université libre de Bruxelles et la Société royale d’Archéologie de Bruxelles ont réalisé une recherche archéologique sur la place de Sain-Job à Uccle. Il s’agissait d’une intervention préalable à la construction d’un second bassin d’orage sous la place par Hydrobru/Vivaqua. Elle a été réalisée d’avril à juin 2012 sous la responsabilité de Sylvie Byl accompagnée de Céline Devillers et de Michel Fourny.

Les documents anciens font état de la présence des châteaux successifs des seigneurs de Carloo à l’emplacement de la place actuelle. Une campagne de fouille avait été organisée en 1998 par le Service des Monuments et Sites préalablement à la construction d’un premier bassin de retenue des eaux. Réalisée sous la direction de Sylvianne Modrie (MRAH), cette investigation avait permis de mettre au jour les vestiges des châteaux des XIIIe – XVIIIe siècles.

La fouille de 2012 a principalement permis de compléter les informations déjà récoltées concernant le plan terrier des châteaux disparus de Carloo et leurs mises en œuvre. En effet, un mur long de 66 m a été dégagé, remontant à la dernière phase de construction du complexe, entreprise vers 1772 par Jean-Joseph-Philippe van der Noot.
Une carte de 1777 représente le nouveau – et dernier – château de Carloo comme un bâtiment principal à trois niveaux et couvert d’un toit à deux versants. Il est installé sur une esplanade rectangulaire entourée de douves. Le long mur dégagé lors de la fouille correspond au front sud du complexe castral, en bordure des douves. Un sondage profond ainsi que le suivi de la démolition des vestiges ont permis d’observer la totalité du parement conservé du mur présentant deux bandeaux de pierre en calcaire gréseux et trois assises de grands blocs de grès ferrugineux. Les assises de pierre reposaient sur un important massif de fondations mêlant fragments de brique et mortier, posé probablement sur un radier de fondation en bois. Du côté intérieur du château, la maçonnerie intègre plusieurs massifs en brique appartenant aux phases antérieures.
L’entrée dans la cour du château était encadrée par deux pavillons situés de part et d’autre d’une drève partant de la route de Charleroi ; le pavillon sud a été en partie mis au jour lors de la fouille.

La fouille a été suivie de la destruction complète des vestiges par l’entrepreneur afin de permettre la construction du nouveau bassin d’orage.