Technologie

Depuis 2004, le CReA-Patrimoine mène un travail de recherche sur la technologie de la sculpture.

Pour les périodes modernes et contemporaines, ce programme vise à l’étude de la sociologie des pratiques et de l’histoire des techniques.

Dans le sillage de l’approche mise en place par H.S. Becker (Art Worlds, 1982), l’historien d’art doit aujourd’hui prendre en compte que, davantage que la peinture, la production de sculptures est le lieu d’un dispositif collectif – du fondeur à l’artiste, de la carrière au marbre poli – et donc de pratiques sociales complexes dont l’étude globale est nécessaire si l’objectif est de parvenir à une compréhension holiste de la sculpture. Ce constat rejoint la déconstruction historiographique de l’histoire de la sculpture. Dans sa matérialité, celle-ci ne peut encore être perçue  comme vecteur « neutre » d’une idée abstraite ou d’un code esthétique. De Rudolph Wittkover (Sculpture : processes and principles, 1977), à Michael Baxandall (Limewood Sculptors of Renaissance Germany, 1980) à Didi-Huberman (Fra Angelico, Dissemblance et figuration, 1990), de nombreux auteurs ont démontré que la matière sensible disposait de logiques propres, parfois singulières, dont les effets entrent en jeu dans la construction des perceptions et du sens esthétiques. Ces problématiques ont abouti, en 1993, à la publication de l’ouvrage fondateur de Nicholas Penny (Materials of Sculpture, 1993), qui a lui-même redessiné les contours des champs de recherche qui se développent actuellement et sont à la source de nombreux projets et publications.

En 2005, l’Université libre de Bruxelles a organisé, en collaboration avec le Henry Moore Institute de Leeds (UK) et sous le parrainage de Nicholas Penny, directeur de la National Gallery de Londres, un colloque international sur le thème Revival and Invention : Sculpture through its Material Histories. En 2008, Sébastien Clerbois a organisé, au Henry Moore Institute, une exposition sur les sculptures en ivoire « Art Nouveau ». En 2011, Martina Droth et Sébastien Clerbois ont édité un ouvrage, également intitulé Revival and Invention : Sculpture through its Material Histories.

Pour les périodes plus anciennes, lorsque les sources viennent à manquer, l’étude technologique s’outille des méthodes physico-chimiques d’investigation scientifique. Dans le domaine, l’apport de la technologie rencontre les projets de recherche des archéologues du CReA-Patrimoine, essentiellement sur des compétences liées à l’archéométallurgie. Née dans le creuset de grands laboratoires attachés aux institutions scientifiques, l’archéométallurgie rassemble un large panorama de domaines d’investigation. Elle porte d’abord sur l’analyse élémentaire des métaux archéologiques qui permet d’identifier des matières (pour un alliage de cuivre, bronze ou laiton, par exemple), mais aussi de remonter, grâce aux présences de métaux-traces, à des minerais connus par la géologie, et donc de déboucher sur des problématiques d’archéométallurgie extractive : provenance des minerais, circulation et économie des métaux. D’autres techniques d’analyse permettent d’appréhender directement les problématiques technologiques de mise en forme des métaux avec une double finalité :

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  1. Déterminer des marqueurs techniques discriminants qui « tracent » les objets et les relient à des contextes particuliers.
  2. Par l’histoire des techniques, documenter la relation entre économie, forme et fonction, pour reconstituer la manière dont les sociétés anciennes ont pensé les formes en regard de leurs disponibilités matérielles et de leurs dispositifs techniques.

En matière d’archéométallurgie, le CReA-Patrimoine travaille en partenariat avec le service de chimie « Matière et Matériaux », sous la direction du Prof. Marie-Paule Delplancke, où s’effectuent l’essentiel des analyses ainsi qu’avec le laboratoire de restauration des métaux de la Fédération des archéologues de Wallonie et de Bruxelles, placé sous la responsabilité de Letizia Nonne.

En 2009, un projet a été mené sous la direction de Nicolas Paridaens sur les objets d’un dépôt gallo-romain découvert à Merbes-le-Château, recherches publiées en 2010 dans la revue Gallia.
D’autres recherches concernant l’archéologie gallo-romaine sont également en cours.

 

 


 

Contacts

Sébastien Clerbois
Marie-Paule Delplancke

 

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